Sutras essentiels du canon Bouddhique – Tevijja Sutta

Tevijja Sutta
La voie bouddhique exposée à des aspirants brâhmanes

Ainsi ai-je entendu :

Une fois, le Bhâgavat, en voyageant dans le pays Kosala avec un groupe important d’à peu près cinq cents disciples, arriva à Manasakata qui était un village de brahmanes. Alors le Bhâgavat fit halte dans le parc des Manguiers situé au nord du village, au bord de la rivière Aciravati. A cette époque-là, beaucoup de brahmanes célèbres et riches, le brahmane Canki, le brahmane Tarukkha, le brahmane Pokkarasati, le brahmane Janussoni, le brahmane Todeyya et d’autres encore vivaient dans le village.

Un jour, une discussion naquit entre les jeunes brahmanes nommés Vasettha et Bharadvaja, sur le sujet de la voie et de la non-voie, alors qu’ils faisaient les cent pas.

Le jeune brahmane Vasettha dit :

« La voie annoncée par le brahmane Pokkarasati est la voie directe vers le salut, celle qui mène l’individu qui la suit à l’état d’union avec Brahma. »

Le jeune brahmane Bharadvaja dit :

« La voie annoncée par le brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui mène l’individu qui la suit à l’état d’union avec Brahma. »

Le jeune brahmane Vasettha ne put convaincre le jeune brahmane Bharadvaja, ni le jeune brahmane Vasettha.

Enfin, Vasettha dit à Bharadvja :

l’ascète Gotama, fils des Sakyas, ayant abandonné sa famille sakya et quitté son foyer pour entrer dans la vie religieuse, demeure ces jours-ci dans le parc des Manguiers du village Manasakata.

A propos du vénérable Gotama, une haute réputation s’est propagée partout:

« Il est le Bhâgavat, l’Arahant, parfaitement et pleinement éveillé, parfait en sagesse et en conduite, bienvenu, le Connaisseur des mondes, l’incomparable Guide des êtres qui doivent être guidés, l’Instructeur des dieux et des humains, le Bouddha, le Bhâgavat. »

– Viens, Bharadvaja. Allons voir l’ascète Gotama, interrogeons-le sur cette question et gardons sa réponse dans nos pensées.

– Entendu, mon ami, répondit le jeune brahmane Bharadvaja.

Le jeune brahmane Vasettha et le jeune brahmane Bharadvaja s’approchèrent de l’endroit où se trouvait le Bhâgavat. S’étant approchés, ils échangèrent avec le Bhâgavat des compliments de politesse et des paroles de courtoisie, et s’assirent à l’écart sur un côté.

S’étant assis, le jeune brahmane Vasettha dit au Bhâgavat :

Ô vénérable Gotama, alors que nous faisions les cent pas en parlant, une discussion s’éleva entre nous au sujet de la voie et de la non-voie. J’ai exprimé mon opinion ainsi :

« La voie annoncée par le brahmane Pokkarasati est la voie directe vers le salut, celle qui mène l’individu qui la suit à l’état d’union avec Brahma. »

(Cependant), Bharadvaja a exprimé son opinion : « La voie annoncée par le brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui mène l’individu qui la suit à l’union avec Brahma. » Ô vénérable Gotama, en ce qui concerne ce sujet, il y a une dispute, un débat et une différence (entre Bharadvaja et moi- même).

(Le Bhâgavat s’adressa au jeune brahmane Vasettha et dit) :

Vous dites, ô Vasettha, que la voie annoncée par le brahmane Pokkarasati est la voie directe vers le salut, celle qui mène l’individu qui la suit à l’état d’union avec Brahma. Et également vous dites que, selon Bharadvaja, la voie annoncée par le brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui mène l’individu qui la suit à l’état d’union avec Brahma. Alors, ô Vasettha, sur ce sujet y a-t-il vraiment une contestation, une dispute, une différence ?

Vasettha répondit :

En ce qui concerne la voie et la non- voie, ô vénérable Gotama, les brahmanes enseignent des voies différentes : par exemple, de nombreux (groupes de) brahmanes, comme les brahmanes  Addhariya, les brahmanes Tittiriya, les brahmanes Chandoka, les brahmanes Chandava, les brahmanes Brahmacariya, enseignent des voies différentes.

Toutes ces voies mènent-elles l’individu qui les suit au salut, à l’état d’union avec Brahma ? Tout comme, ô vénérable Gotama, il y a de nombreuses voies près d’un village ou près d’un bourg, et tout comme toutes ces voies se rencontrent dans le village et dans le bourg, il y a de nombreuses voies annoncées par les divers brahmanes, comme les brahmanes Addhariya, les brahmanes Tittiriya, les brahmanes Chandoka, les brahmanes Chandava, les brahmanes Brahmacariya. Est-ce que toutes ces voies mènent l’individu qui les suit au salut, à l’état d’union avec Brahma ?

– Le Bhâgavat demanda :

« Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que toutes ces voies dirigent correctement ? »

Vasettha répondit :

« Oui, ô vénérable Gotama. J’affirme qu’elles dirigent correctement. »

Pour la deuxième fois, le Bhâgavat demanda :

« Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que toutes ces voies dirigent correctement ? »

Pour la deuxième fois, Vasettha répondit :

« Oui, ô vénérable Gotama, j’affirme qu’elles dirigent correctement. »

Pour la troisième fois, le Bhâgavat demanda :

« Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que toutes ces voies dirigent correctement ? »

Pour la troisième fois, Vasettha répondit :

« Oui, ô vénérable Gotama, j’affirme qu’elles dirigent correctement. »

– Cependant, ô Vasettha, y a-t-il un seul brahmane, parmi les brahmanes versés dans les trois Veda, qui ait vu Brahma face à face personnellement ?

– Il n’y en a pas, ô vénérable Gotama.

– Y a-t-il, ô Vasettha, un seul maître des brahmanes, parmi les maîtres des brahmanes versés dans les trois Veda, qui ait vu le Brahma face à face personnellement ?

– Il n’y en a pas, ô vénérable Gotama.

– Y a-t-il, ô Vasettha, un seul précepteur ou maître de précepteur, parmi les précepteurs et les maîtres de précepteurs des brahmanes versés dans les trois Veda, qui ait vu Brahma face à face personnellement ?

– Il n’y en a pas, ô vénérable Gotama.

– Y a-t-il, ô Vasettha, un seul brahmane, parmi les brahmanes versés dans les trois Veda, pendant les dernières générations jusqu’au septième Acariya-Mahayuga, qui ait vu Brahma face à face personnellement ?

– Il n’y en a pas, ô vénérable Gotama.

– Est-ce que, ô Vasettha, les anciens risi des brahmanes versés dans les trois Veda, les auteurs de formules, les faiseurs de formules, dans lesquelles des formes anciennes de mots sont chantées, émises ou composées, que les brahmanes de nos jours chantent encore et encore, ou répètent, des risi comme Atthaka, Vamaka, Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja, Vasettha, Kassapa, Bhagu, ont-ils dit : « Nous savons qui est Brahma. Nous savons d’où il vient et où il va ? »

– Non, ô vénérable Gotama.

– Ainsi, ô Vasettha, vous affirmez qu’aucun brahmane versé dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même jusqu’à la septième génération, qu’aucun d’eux n’a jamais vu Brahma face à face personnellement. Egalement, vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des faiseurs de formules, d’anciennes formes des mots que les brahmanes de nos jours entonnent soigneusement, récitent précisément comme ils les ont appris par la tradition même, ces anciens risi comme Atthaka, Vamaka, Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja, Vasettha, Kassapa, Bhagu, n’ont jamais dit : « Nous savons qui est Brahma. Nous savons d’où il vient et où il va. »

Cependant, les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par exemple : « Voici la voie directe, voici la voie directe pour le salut, celle qui mène (l’individu qui la suit) à l’état d’union avec Brahma « , dirent en réalité ceci : « Nous montrons la voie de l’union avec quelqu’un dont nous ne savons rien, que nous n’avons pas vu. » Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda n’est-elle pas une parole insensée ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole insensée.

– En effet, ô Vasettha, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de montrer la voie de l’union avec quelqu’un dont ils ne savent rien et qu’ils n’ont pas vu.

Justement, ô Vasettha, tout comme une rangée d’aveugles attachés l’un après l’autre – le premier aveugle ne peut pas voir, l’aveugle qui est au milieu ne peut pas voir et celui qui est à la fin ne peut pas voir – de même, à mon avis, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole d’aveugle. Le premier ne peut pas voir, celui qui est au milieu ne peut pas voir et celui qui est à la fin ne peut pas voir. La parole de ces brahmanes versés dans les trois Veda s’annonce une parole ridicule, simplement des mots insensés, une parole vide et vaine. Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Les brahmanes versés dans les trois Veda voient-ils, tout comme les gens ordinaires, la lune et le soleil qu’ils adorent, dont ils font l’éloge et auxquels ils rendent hommage, les mains jointes, et ils rendent hommage les mains jointes dans la direction où la lune et le soleil se lèvent et se couchent ?

– Oui, ô vénérable Gotama. Les brahmanes versés dans les trois Veda

peuvent, tout comme les gens ordinaires, voir la lune et le soleil qu’ils adorent, dont ils font l’éloge, auxquels ils rendent hommage les mains jointes, et ils rendent hommage dans les directions où la lune et le soleil se lèvent et se couchent.

– Qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Ces brahmanes versés dans les trois Veda sont-ils capables de montrer la voie vers un état d’union avec la lune et le soleil qu’ils adorent, dont ils font l’éloge, auxquels ils rendent hommage les mains jointes dans la direction où la lune et le soleil se lèvent et se couchent, en disant : « Voici la voie directe, voici la voie correcte qui mène (l’individu qui la suit) à l’état d’union avec la lune et le soleil. »

– Certainement, non, ô vénérable Gotama.

– Ainsi, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes versés dans les trois Veda sont capables, tout comme les gens ordinaires, de voir la lune et le soleil qu’ils adorent, dont ils font l’éloge, auxquels ils rendent hommage les mains jointes, et ils rendent hommage dans les directions où la lune et le soleil se lèvent et se couchent et, cependant, ces brahmanes ne sont pas capables de montrer la voie vers un état d’union avec la lune et le soleil qu’ils adorent.

Vous affirmez qu’aucun de ces brahmanes versés dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs et maîtres de précepteurs même jusqu’à la septième génération, n’a jamais vu Brahma.

Vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des faiseurs de formules, dans lesquelles des formes anciennes de mots sont chantées, émises ou composées, que les brahmanes de nos jours chantent encore et encore, ou répètent, des risi comme Atthaka, Vamaka, Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja, Vasettha, Kassapa, Bhagu, n’ont pas dit :

« Nous savons qui est Brahma. Nous savons d’où il vient et où il va. »

Cependant, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par exemple : « Voici la voie directe, voici la voie correcte vers le salut, qui mène (l’individu qui la suit) à l’état d’union avec le Brahma « , dirent en réalité ceci :

« Nous montrons la voie pour s’unir avec quelqu’un dont nous ne savons rien, que nous ne voyons pas. » Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ?
Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda n’est-elle pas une parole insensée ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole insensée.

– Bien, ô Vasettha. Il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de montrer la voie pour s’unir avec quelqu’un dont ils ne savent rien, qu’ils n’ont jamais vu.

Supposons, ô Vasettha, qu’un homme dise : « J’attends la plus belle jeune fille de ce pays et j’ai le désir de l’avoir « , les gens alors lui demanderaient : « Bien, cher ami, à propos de la plus belle jeune fille de ce pays que vous attendez et que vous désirez, savez-vous si cette jeune fille a pour origine la caste des nobles, la caste des brahmanes, la caste des commerçants ou bien la caste des Sudras ?  » Questionné ainsi, il répondrait

: « Je ne sais pas. »

Les gens lui demanderaient alors : « Eh bien, cher ami, la plus belle jeune fille de ce pays que vous attendez et que vous désirez, connaissez-vous son nom ou le nom de sa famille ? Cette jeune fille est-elle grande ou petite ou de taille moyenne ? Est-elle noire, ou brune, ou couleur d’or ?

Savez-vous dans quel village ou quelle ville elle habite ?  » Questionné ainsi, il répondrait :

« Je ne sais pas. »

Les gens alors lui demanderaient :

« Eh bien, cher ami, n’est-il pas vrai que vous attendez et désirez une jeune fille que vous ne connaissez pas, que vous n’avez jamais vue ? » Questionné ainsi, il répondrait par l’affirmative. Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole de cet homme ne s’avère-t-elle pas une parole insensée ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole de cet homme s’avère une parole insensée.

– De même, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes versés dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même jusqu’à la septième génération, qu’aucun d’eux n’a jamais vu Brahma face à face personnellement. (Egalement) vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des faiseurs de formules, d’anciennes formes des mots que les brahmanes de nos jours entonnent soigneusement, récitent précisément comme ils les ont appris par la tradition même ces anciens risi comme Atthaka, Vamaka, Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja, Vasettha, Kassapa, Bhagu, n’ont jamais dit : « Nous savons qui est Brahma. Nous savons d’où il vient et où il va. »

Cependant, les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par exemple : « Voici la voie directe, voici la voie directe pour le salut, celle qui mène (l’individu qui la suit) à l’état d’union avec Brahma « , dirent en réalité ceci : « Nous montrons la voie de l’union avec quelqu’un dont nous ne savons rien, que nous n’avons pas vu. »

Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda n’est-elle pas une parole insensée ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole insensée. – Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de montrer la voie de l’union avec quelqu’un dont ils ne savent rien et qu’ils n’ont pas vu.

Supposons, ô Vasettha, qu’un homme veuille construire un escalier pour une maison située à un carrefour. Les gens lui demanderaient : « Eh bien, cher ami, cette maison pour laquelle vous allez construire un escalier, savez-vous si elle est située à l’est ou au sud, à l’ouest ou bien au nord ? Savez-vous si cette maison est grande ou petite ou de taille moyenne ?  » Questionné ainsi, il répondrait : « Je ne sais pas. » Les gens alors lui diraient : « Alors, cher ami, n’est-il pas vrai que vous voulez construire un escalier pour monter à une maison dont vous ne savez rien et que vous ne voyez pas ?  » Questionné ainsi, il répondrait par l’affirmative. Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole de cet homme ne s’avère-t-elle pas une parole insensée ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole de cet homme s’avère une parole insensée.

– De même, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes versés dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même jusqu’à la septième génération, qu’aucun d’eux n’a jamais vu le Brahma face à face personnellement. Cependant, les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par exemple : « Voici la voie directe, voici la voie directe pour le salut, celle qui mène (l’individu qui la suit) à l’état d’union avec le Brahma « , dirent en réalité ceci : « Nous montrons la voie de l’union avec quelqu’un dont nous ne savons rien, que nous  n’avons

pas vu. » Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda n’est-elle pas une parole insensée ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole insensée. – Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de montrer la voie de l’union avec quelqu’un dont ils ne savent rien et qu’ils n’ont pas vu. Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit pleine d’eau jusqu’au bord et, par conséquent, débordante. Un homme y arriverait dans l’espoir de la traverser pour aller sur l’autre rive, ayant à faire sur l’autre rive. Cet homme, debout sur la rive, commencerait par invoquer l’autre rive, en disant :

« Viens ici, ô l’autre rive ! viens de ce côté-ci ! « 

Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Se peut-il qu’à cause de l’invocation, de la prière, du souhait et de l’éloge de cet homme, l’autre rive vienne de ce côté-ci ?

– Certainement non, ô vénérable Gotama.

– De même, ô Vasettha, les brahmanes versés dans les trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane et en assimilant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un non-brahmane, répètent ainsi : « Nous invoquons Indra, nous invoquons Soma, nous invoquons Varuna, nous invoquons Isana, nous invoquons Pajapati, nous invoquons Brahma, nous invoquons Mahiddhi, nous invoquons Yama. »

En vérité, ô Vasettha, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane, assimilent de plus des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un non-brahmane. Il est impossible que, à cause de leurs invocations, de leurs prières, de leurs souhaits, de leurs éloges, ils puissent s’unir avec le Brahma, après la dissolution de leur corps, après leur mort. Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit pleine d’eau jusqu’au bord et, par conséquent, débordante. Un homme y arriverait dans l’espoir de traverser la rivière, pour aller sur l’autre rive, ayant à faire sur l’autre rive. Supposons que les mains de cet homme qui est sur cette rive soient attachées fortement dans son dos.

Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Cet homme est-il capable d’aller sur l’autre rive de la rivière Aciravati ?

– Certainement non, ô vénérable Gotama.

– De même, ô Vasettha, il y a cinq choses prédisposant au désir. Dans la discipline des êtres nobles, ces cinq choses sont nommées une « chaîne » et également nommées un « lien ».

Quelles sont ces cinq choses : les formes connaissables par la conscience visuelle désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes, séduisantes ; les sons connaissables par la conscience auditive désirés, aimés, plaisants, charmants, attirants, séduisants ; les odeurs connaissables par la conscience olfactive désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes, séduisantes ; les saveurs connaissables par la conscience gustative désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes, séduisantes ; les choses tangibles connaissables par la conscience tactile désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes, séduisantes. En vérité, ô Vasettha, telles sont les choses prédisposant au désir qui sont nommées dans la discipline des êtres nobles une « chaîne  » et également un « lien ».

En effet, ô Vasettha, les brahmanes versés dans les trois Veda sont attachés à ces cinq choses prédisposant au désir, ils se collent à elles, ils sont inclinés vers elles, ils sont infatués d’elles ; ils ne voient pas leur danger ni ne savent combien ces cinq choses sont instables et pourtant ils prennent plaisir à ces cinq choses.

En effet, ô Vasettha, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane et en assimilant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un non-brahmane, demeurent attachés à ces cinq choses prédisposant au désir. Ils se collent à ces cinq choses, ils sont inclinés vers elles, ils sont infatués d’elles ; ils ne voient pas leur danger ni ne savent combien ces cinq choses sont instables et pourtant ils prennent plaisir à ces cinq choses. Il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda, après la dissolution de leur corps, après leur mort, s’unissent à Brahma.

Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit pleine d’eau jusqu’au bord et, par conséquent, débordante. Un homme y arriverait dans l’espoir de traverser la rivière, pour aller sur l’autre rive, ayant à faire sur l’autre rive. Cependant, il s’étend pour dormir sur ce côté-ci. Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Cet homme est-il capable de gagner l’autre rive ?

– Certainement non, ô vénérable Gotama.

– De même, ô Vasettha, il y a cinq entraves. Dans la discipline des êtres nobles, ces cinq entraves sont nommées des  » voiles  » et également nommées des  » obstacles ». Quelles sont ces cinq  entraves ? La convoitise sensuelle, la malveillance, la torpeur physique et mentale et la langueur, l’inquiétude et le tracas, le doute.

Les brahmanes versés dans les trois Veda sont voilés, encombrés, empêchés et empêtrés par ces cinq entraves. En vérité, ô Vasettha, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en abandonnant les pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane et en assimilant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un non-brahmane, sont voilés, encombrés, empêchés et empêtrés par ces cinq entraves.

En effet, ô Vasettha, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda, après la dissolution de leur corps, après leur mort, s’unissent à Brahma.

Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les paroles des brahmanes que vous avez écoutées et selon les discussions des savants, des précepteurs et des maîtres de précepteurs des brahmanes que vous avez entendues, oui ou non, du Brahma possède-t-il les femmes et la richesse ?

– Il ne les possède pas, ô vénérable Gotama.

– La pensée de Brahma est-elle haineuse ou est-elle libérée de la haine ?

– Sa pensée est libérée de la haine, ô vénérable Gotama.

– La pensée de Brahma est-elle malveillante ou est-elle libérée de la malveillance ?

– Sa pensée est libérée de la malveillance, ô vénérable Gotama.

– La pensée de Brahma est-elle impure ou est- elle libérée de l’impureté ?

– Sa pensée est libérée de l’impureté, ô vénérable Gotama.

– Est-ce que Brahma a la maîtrise de soi ou n’a-t-il pas la maîtrise de soi ?

– Il a la maîtrise de soi, ô vénérable Gotama.

– Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Les brahmanes versés

dans les trois Veda possèdent-ils ou non les femmes et la richesse ?

– Ils les possèdent, ô vénérable Gotama.

– La pensée des brahmanes est-elle haineuse ou est-elle libérée de la haine ?

– Leur pensée est haineuse, ô vénérable Gotama.

– La pensée des brahmanes est-elle malveillante ou est-elle libérée de la malveillance ?

– Leur pensée est malveillante, ô vénérable Gotama.

– La pensée des brahmanes est-elle impure ou est-elle libérée de l’impureté ?

– Leur pensée est impure, ô vénérable Gotama.

– Est-ce que ces brahmanes ont la maîtrise de soi ou n’ont-ils pas la maîtrise de soi ?

– Ils n’ont pas la maîtrise de soi, ô vénérable Gotama.

– Alors, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes versés dans les trois Veda possèdent les femmes et la richesse, tandis que Brahma ne les possède pas. Comment peut-il alors y avoir une concordance et une similitude entre les brahmanes versés dans les trois Veda qui possèdent les femmes et la richesse et Brahma qui ne les possède pas ?

– Non, il n’y a pas de similitude, ô vénérable Gotama.

– Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda, qui possèdent les femmes et la richesse, après la dissolution de leur corps, après leur mort, s’unissent à Brahma. Vous affirmez, ô Vasettha, que la pensée de ces brahmanes est haineuse, tandis que la pensée de Brahma est libérée de la haine (…) Vous affirmez que la pensée de ces brahmanes est malveillante, tandis que la pensée de Brahma est libérée de la malveillance (…) Vous affirmez que la pensée de ces brahmanes est impure, tandis que la pensée de Brahma est libérée de l’impureté (…) Vous affirmez que ces brahmanes n’ont pas la maîtrise de soi, tandis que le Brahma a la maîtrise de soi (…) Comment peut-il alors y avoir une concordance et une similitude entre les brahmanes versés dans les trois Veda, qui n’ont pas la maîtrise de soi, et Brahma, qui a la maîtrise de soi ?

– Non, il n’y a pas de similitude, ô vénérable Gotama.

– Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda, qui n’ont pas la maîtrise de soi, après la dissolution de leur corps, après la mort, s’unissent à Brahma.

Ces brahmanes versés dans les trois Veda, ô Vasettha, en s’installant (dans leurs opinions religieuses) se noient (dans leur mirage) et ainsi nageant-ils arrivent seulement à une pensée  désespérée selon laquelle ils sont en train de traverser un pays sec.

Ainsi, la « triple connaissance » de ces brahmanes versés dans les trois Veda n’est qu’un désert. Leur  » triple connaissance  » n’est qu’une forêt. Leur « triple connaissance » n’est qu’un péril. Lorsque le Bhâgavat eut ainsi parlé, le jeune brahmane Vasettha dit :

J’ai entendu dire que le vénérable Gotama connaît la voie menant à s’unir avec le Brahma.

– Qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Le village de Manasakata, n’est-ce pas près d’ici, n’est-il pas loin d’ici ?

– C’est vrai, ô vénérable Gotama. Manasakata est près d’ici, il n’est pas loin d’ici.

– Qu’en pensez-vous, ô Vasettha ? Supposons qu’un homme né à Manasakata et qui y aurait grandi viendrait d’y revenir. Des gens lui demanderaient le chemin de Manasakata : est-ce que cet homme aurait une difficulté ou un doute pour l’indiquer ?

– Certainement non, ô vénérable Gotama, car tous les chemins qui conduisent à Manasakata sont bien familiers à cet homme qui est né et a grandi dans ce village de Manasakata.

– Il est possible, ô Vasettha, que cet homme qui est né et qui a grandi à Manasakata puisse avoir une difficulté ou un doute (pour dire le chemin de Manasakata). Cependant, si le Tathagata était questionné sur le ciel du Brahma ou sur le chemin conduisant à ce ciel, il n’aurait pas de difficulté à répondre. Je connais Brahma, ô Vasettha. Je connais aussi le ciel de Brahma. Je connais également le chemin menant au ciel de Brahma. Je sais qui est sur le chemin menant au ciel de Brahma. Je sais également qui est né dans ce ciel de Brahma.

Lorsque le Bhâgavat eut ainsi parlé, le jeune brahmane Vasettha dit :

J’ai entendu dire que le vénérable Gotama explique le chemin de l’union avec le Brahma. Il est bon que le vénérable Gotama nous explique le chemin de l’union avec le Brahma. Que le vénérable Gotama sauve la race des brahmanes !

– Eh bien, ô Vasettha, écoutez, réfléchissez bien. Je vous expliquerai.

– Je suis prêt, ô vénérable Gotama « , répondit le jeune brahmane Vasettha au Bhâgavat.

Le Bhâgavat dit :

Sachez-le, ô Vasettha. Il apparaît (de temps en temps dans le monde) un Tathagata qui est un Arahant, complètement et parfaitement éveillé, parfait en sagesse et parfait dans sa conduite,  correctement arrivé à son but, connaisseur des mondes, incomparable guide des êtres qui doivent être guidés, instructeur des dieux et des êtres humains, l’Eveillé, le Bhâgavat. Il enseigne la doctrine, bonne en son début, bonne en son milieu, bonne en sa fin, bonne dans sa lettre et dans son esprit, et il exalte la Conduite pure, parfaitement pleine et parfaitement pure.

Un chef de famille, ou le fils d’un chef de famille, ou un individu né dans une quelconque famille entend cette doctrine. L’ayant entendue, il atteint la confiance sereine en le Tathagata.

Parce qu’il a atteint cette confiance sereine et qu’il en est pourvu, il réfléchit ainsi : « Cette vie à la maison est pleine d’obstacles, elle est un chemin poussiéreux ; la vie religieuse est comparable au plein air. Il n’est pas aisé de pratiquer la Conduite pure entièrement pleine, entièrement pure, parfaite comme une conque gravée, en demeurant dans la vie domestique. Il faut donc que, m’étant rasé la barbe et les cheveux, ayant couvert mon corps des vêtements ocre, je quitte ma maison pour mener une vie religieuse, sans maison. »

Plus tard, ayant abandonné l’ensemble de ses biens, quelle qu’en soit la valeur, ayant abandonné ses parents et son entourage, quel qu’en soit le nombre, s’étant rasé la barbe et les cheveux, ayant couvert son corps des vêtements ocre des ascète, il quitte sa maison pour mener une vie religieuse, sans maison. Etant ainsi devenu ascète, ce disciple mène une vie maîtrisée selon le

Code de la discipline, une vie vertueuse en voyant un danger même dans les petits manquements ; il observe les préceptes. Les actes du corps, les actes de la parole qu’il met en oeuvre sont sains ; le moyen de gagner sa vie est entièrement pur ; il est vertueux. Sa porte est gardée vis- à-vis des facultés sensorielles. Il possède la vigilance et la compréhension ; il est pleinement satisfait.

Et comment, ô Vasettha, ce disciple est-il vertueux ?

Ayant abandonné le meurtre des êtres vivants, il s’abstient du meurtre des êtres vivants. Ayant déposé le bâton, déposé les armes, décent, compatissant, il demeure plein de bienveillance et de pitié envers tous les êtres vivants. Ayant abandonné le vol, il s’abstient de prendre ce qu’on ne lui donne pas. Il ne prend que ce qu’on lui donne ; il ne tient qu’à ce qu’on lui donne. Il vit étant lui-même purifié, ignorant le vol. Ayant abandonné l’incontinence, il est chaste et continent ; il se tient à l’écart, s’abstenant de cette pratique vulgaire dite le « rapport sexuel ». Ayant abandonné la parole mensongère, il s’abstient de mensonge. Il est un partisan de la vérité. Attaché à la vérité, il est sûr, digne de confiance, sans tromper le monde par sa parole. Ayant abandonné la parole calomnieuse, il s’abstient de parole calomnieuse ; ce qu’il a entendu ici, il ne le raconte pas là-bas, pour séparer ceux-là de ceux-ci ; ce qu’il a entendu là-bas, il ne le raconte pas ici, pour séparer ceux-ci de ceux-là. Il ne parle qu’en vue de réconcilier ceux qui sont désunis ou d’accroître la concorde. Il se plaît dans l’harmonie, il trouve son plaisir dans l’harmonie, il trouve sa joie dans  l’harmonie. Il ne parle que pour créer l’harmonie.

Ayant abandonné la parole grossière, il s’abstient de parole grossière. Il ne prononce que des paroles irréprochables, agréables à l’oreille, affectueuses, allant au coeur, courtoises, aimables à beaucoup de gens, plaisantes à beaucoup de gens. Ayant abandonné les propos frivoles, il s’abstient de propos frivoles ; il ne prononce que des paroles opportunes, véridiques, sensées,  conformes à la doctrine et à la discipline, dignes d’être conservées, raisonnables, correspondant au but final, profitables. Il s’abstient de détruire les graines et les plantes. Il ne prend qu’un seul repas par jour, s’abstenant de manger pendant la nuit et hors du temps (prescrit). Il s’abstient de spectacles de danse, de chant, de musique ou d’agitation quelconque. Il s’abstient du port des guirlandes, de l’usage des parfums et des onguents, des ornements et décorations. Il s’abstient de lits grands et luxueux.

Il s’abstient d’accepter de l’or et de l’argent, des grains crus, de la viande crue.

Il s’abstient d’accepter des femmes et des jeunes filles, des esclaves d’un sexe ou de l’autre.

Il s’abstient d’accepter des chèvres, des moutons, des coqs, des porcs, des éléphants, des bovins ou des chevaux. Il s’abstient d’accepter des champs ou d’autres biens.

Il s’abstient d’envoyer des messages ou d’en porter.

Il s’abstient d’acheter et de vendre. Il s’abstient d’utiliser de faux poids, de la fausse monnaie et de fausses mesures. Il s’abstient de fourberie, de tromperie, de fraude, de pratiques tortueuses.

Il s’abstient de blesser en coupant ou en perçant, de lier, de pratiquer le vol à main armée ou par effraction, d’exercer une forme quelconque de violence.

Il s’abstient d’endommager les graines et plantes, à savoir les graines nées d’une racine, les graines nées d’une branche, les graines nées d’un noeud, les graines nées d’une greffe, les graines nées d’une graine, etc.

Il s’abstient de faire des réserves et d’en jouir, à savoir réserves de nourriture, de boissons, de vêtements, de véhicules, de lits, de parfums, de friandises, etc.

Il s’abstient de spectacles, à savoir danse, chant, musique, théâtre, récitation, claquement des mains, magie, hautbois, groupes musicaux, jonglerie, jeu de bambou, lavage des ossements, combats d’éléphants, de chevaux, de buffles, de taureaux, de boucs, de béliers, de coqs, de cailles, au bâton, au poing, boxe, lutte, avant- garde, armée déployée, revue de troupes, etc.

il s’abstient de tels spectacles.

Il s’abstient de telles occupations consistant en jeux et frivolités, à savoir huit carrés, dix carrés, jeu de plein air, jeu où l’on évite les lignes, jeu de présence, dés, bâtonnets, main et pinceau, boules, charrue, saut périlleux, moulin a vent, mesures en feuilles de palmier, chariot, petit arc, jeu de lettres, jeu de pensée, imitation des défauts physiques, etc.

il s’abstient de telles occupations consistant en jeux et frivolités.

Il s’abstient de lits élevés et de couches luxueuses, à savoir fauteuils, divans, tapis de haute laine, courtepointes, couvertures de laine, couvertures brodées de fleurs, matelas de coton, couvertures à broderie d’animaux, couvertures avec poil au-dessus ou avec poil d’un seul côté, couvertures de soie brodée de joyaux, soieries, tapis pour danseuses, couvertures d’éléphants, de chevaux, de voitures, housses en eau, belles couvertures en poil d’antilope, avec baldaquins et coussins rouges des deux côtés, etc.

Il s’abstient de tels lits élevés et de telles couches luxueuses.

Il s’abstient d’occupations employant ornements et parures, à savoir onguents, massages, bains, frictions, miroirs, pommades, guirlandes, cosmétiques, poudres détersives pour le visage, fards, bracelets, chignons, cannes, boîtes, épées, parasols, sandales aux couleurs vives, turbans, joyaux, éventails en crin de buffle, vêtements blancs à longues franges, etc.

il s’abstient de telles occupations employant ornements et parures.

Il s’abstient de propos vulgaires, à savoir les conversations à propos des rois, des voleurs, des ministres, de l’armée, des périls, des batailles, de la nourriture, de la boisson, des vêtements, des lits, des guirlandes, des parfums, des parents, des véhicules, des bourgades, des marchés, des villes, des campagnes, des femmes, des hommes, des héros, des routes, des points d’eau, des morts, des sujets divers relatifs aux choses de la nature, relatifs à l’océan, et à propos de ce qui est et ce qui n’est pas, etc.

il s’abstient de tels propos vulgaires.

Il s’abstient de tels propos chicaniers, à savoir des paroles comme : « Toi, tu ne connais pas cette doctrine et cette discipline, moi, je connais cette doctrine et cette discipline, comment  connaîtrais-tu cette doctrine et cette discipline ? Tu t’es engagé dans la mauvaise voie, moi je suis engagé dans la bonne voie. Je suis conséquent avec moi-même, tu es inconséquent. Tu as dit après ce qu’il fallait dire avant, tu as dit avant ce qu’il fallait dire après. Ce que tu as imaginé est jeté bas. Ta thèse est réfutée : tu es battu. Va te défaire de cette opinion-ci ou démolis celle-là, si tu en es capable, etc. »

il s’abstient de tels propos chicaniers.

Il s’abstient d’occupations consistant à envoyer des messages ou en porter, à savoir pour les rois, les hauts fonctionnaires du roi, les nobles, les brahmanes, les chefs de famille, les jeunes gens, en disant : « Va ici. Va là-bas. Emporte ceci là-bas. Apporte-le ici, etc. »

il s’abstient de telles occupations consistant à envoyer des messages ou en porter.

Il s’abstient de fraudes et hâbleries qui sont pratiquées par des fraudeurs, hâbleurs, devins, jongleurs, et des profiteurs, etc.

il s’abstient de telles fraudes et hâbleries.

Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des pronostics d’après les signes du corps, les auspices, les incidents extraordinaires, les rêves, les marques, les déchirures causées par les rats, et en faisant des oblations comme les oblations dans le feu, les oblations à la cuiller, les oblations de paille, de poudre de riz, de grains de riz, de beurre, d’huile, de bouche, de sang, et en pratiquant des sciences (occultes) comme la science du corps, la science des lieux à bâtir, la science des lieux à cultiver, la science des propitiations, la science des démons, la science secrète, la science des serpents, des poissons, des scorpions, des rats, des oiseaux, des corneilles, la prédiction du temps (qui reste) à vivre, la protection contre les flèches, la protection contre le règne animal, etc.

il s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie.

Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des pronostics d’après les signes des joyaux, des vêtements, des bâtons, des couteaux, des épées, des dards, des arcs, des armes en général, des femmes, des hommes, des garçons, des filles, des esclaves mâles, des esclaves femelles, des éléphants, des chevaux, des buffles, des taureaux, des boeufs, des chèvres, des béliers, des coqs, des cailles, des varans, des bêtes à longues oreilles, des tortues, des bêtes sauvages, etc.

il s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie.

Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions comme : « Les rois feront une sortie. Ceux-ci ne feront pas de sortie. Les rois indigènes feront une avance. Les rois étrangers feront une retraite. Ceux-ci feront une avance. Les rois indigènes feront une retraite. Ceux-ci feront une avance ; les rois indigènes auront la victoire. Les rois étrangers auront la défaite. Ceux-ci auront la victoire. Les rois indigènes auront la défaite. C’est ainsi qu’un tel aura la victoire, qu’un tel aura la défaite, etc. »

il s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie.

Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions comme : « Il y aura une éclipse de lune, une éclipse de soleil. Il y aura une éclipse de constellation. La lune et le soleil suivront leur chemin. La lune et le soleil quitteront leur chemin. Les constellations suivront leur chemin. Les constellations quitteront leur chemin. Il y aura chute de météores. Il y aura embrasement des orients. Il y aura tremblement de terre ; il y aura grondement céleste. La lune, le soleil, les constellations monteront, descendront, seront brouillés, seront purs. Voici quelles seront la conséquence de l’éclipse de lune, la conséquence de l’éclipse de soleil, la conséquence de l’éclipse de constellation, la conséquence du fait que la lune et le soleil suivent leur chemin, la conséquence du fait que la lune et le soleil quittent leur chemin, la conséquence du fait que les constellations suivent leur chemin, la conséquence du fait que les constellations quittent leur chemin, la conséquence de la chute de météores, la conséquence de l’embrasement des orients, la conséquence du tremblement de terre, la conséquence du  grondement céleste, quelle sera la conséquence du fait que la lune, le soleil, les constellations montent, descendent, sont brouillés, sont purs, etc. »

il s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie.

Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions comme : « Il y aura une pluie abondante. Il n’y aura point de pluie. Il y aura une riche moisson. Il y aura la disette. Il y aura la paix. Il y aura péril de guerre. Il y aura la maladie. Il y aura la santé « , ou encore en faisant des prédictions par les gestes, par l’arithmétique, par le calcul improvisé, par la poésie, par les choses de la nature, etc.

il s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie.

Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir par l’art de marier, de réconcilier, de désunir, de faire rentrer l’argent, de faire prêter de l’argent, de rendre heureux, de rendre malheureux, de faire avorter, de paralyser la langue, de bloquer les mâchoires, de conjurer les mains, de conjurer les oreilles, d’interroger le miroir, d’interroger les filles, d’interroger les dieux, d’adorer le soleil, d’adorer le sacrifice, de souffler le feu, d’invoquer la déesse Fortune, etc.

il s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie.

Il s’abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie par les pratiques magiques, à savoir les pratiques magiques en vue d’apporter la bénédiction, de se libérer de promesses faites, de se protéger, de garder sa maison, de donner et d’ôter la virilité, de déterminer les lieux à bâtir, de consacrer les lieux à bâtir, de se rincer la bouche, de se baigner, de faire des oblations, de faire vomir, de purger, de chasser les impuretés par le haut, de les chasser par le bas, de chasser celles qui sont dans la tête, de préparer de l’huile pour l’oreille, des lavages des yeux, des  drogues à respirer par le nez, des collyres, des onguents, d’exercer l’ophtalmologie, la chirurgie, la pédiatrie, d’appliquer de nouveaux remèdes consistant en racines, de contrecarrer l’effet de médicaments, etc.

il s’abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie. C’est là sa part dans la morale.

Ce disciple ascète, ô Vasettha, qui est devenu ainsi vertueux, ne voit aucun danger nulle part. Tout comme un prince dûment couronné, qui a terrassé ses ennemis, ne voit plus de danger d’aucun côté pour ce qui est de ses adversaires, de même ô Vasettha, un disciple ascète qui suit ainsi les principes moraux ne voit plus de danger d’aucun côté, pour ce qui est de la défense morale. Pourvu de ce noble ensemble de vertus, il éprouve intérieurement le bonheur de l’irréprochabilité.

C’est ainsi, ô Vasettha, que le disciple ascète possède une bonne conduite.

Et comment, ô Vasettha, le disciple ascète a-t-il sa porte gardée vis-à-vis des facultés sensorielles ?

Lorsqu’il voit une forme au moyen de son oeil, il n’en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en conséquence de ce que l’organe de l’oeil demeure non maîtrisé, les choses inopportunes et inadéquates, la convoitise et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à vis de l’organe de l’oeil ; il se prémunit de ce que l’organe de l’oeil peut produire. Lorsqu’il entend un son au moyen de son oreille il n’en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en conséquence de ce que son oreille demeure non maîtrisé, les choses inopportunes et inadéquates, la convoitise et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à vis de son oreille ; il se prémunit de ce que son oreille peut produire.

Lorsqu’il sent une odeur au moyen de son nez il n’en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en conséquence de ce que son nez demeure non maîtrisé, les choses inopportunes et inadéquates, la convoitise et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à de son nez ; il se prémunit de ce que son nez peut produire. Lorsqu’il goûte une saveur au moyen de sa langue il n’en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en conséquence de ce que sa langue demeure non maîtrisé, les choses inopportunes et inadéquates, la convoitise et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à vis sa langue ; il se prémunit de ce que sa langue peut produire.

Lorsqu’il sent une chose tangible au moyen de son corps, il n’en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en conséquence de ce que son corps demeure non maîtrisé, les choses inopportunes et inadéquates, la convoitise et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à vis son corps ; il se prémunit de ce que son corps peut produire.

Lorsqu’il connaît une idée au moyen de sa pensée, il n’en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en conséquence de ce que cet organe de la pensée demeure non maîtrisé,  inopportunes et inadéquates, la convoitise et la frustration, peuvent s’y introduire ; il se garde vis à vis l’organe de la pensée ; il se prémunit de ce que l’organe de la pensée peut produire.

C’est ainsi, ô asettha, que le disciple ascète a sa porte gardée vis-à- vis des facultés sensorielles.

Et comment, ô Vasettha, le disciple ascète possède-t-il la conscience et la compréhension ?

Dans ce cas, ô Vasettha, en allant ou en venant, le disciple ascète agit avec conscience et compréhension. En regardant devant ou autour de lui, il agit avec conscience et compréhension. En étendant ou pliant ses membres, il agit avec conscience et compréhension. En mangeant ou en buvant, en mastiquant, en goûtant, il agit avec conscience et compréhension. En déféquant et en urinant, il agit avec conscience et compréhension. En étant debout, en s’asseyant, s’endormant, s’éveillant, parlant ou se taisant, il agit avec conscience et compréhension.

Et comment, ô Vasettha, le disciple ascète est-il pleinement satisfait ?

Dans ce cas, ô Vasettha, le disciple ascète est pleinement satisfait d’un vêtement (monastique) qui lui préserve le corps et des aumônes de nourriture dont il sustente son ventre ; partout où il va, il va avec son vêtement (monastique) et avec son bol à aumône.

Tout comme, ô Vasettha, un oiseau emporte ses ailes partout où il vole, de même le disciple ascète qui est pleinement satisfait emportant seulement, partout où il va, le vêtement (monastique) dont il protège son corps et le bol à aumônes dont il sustente son ventre. C’est ainsi, ô Vasettha, que le disciple ascète est pleinement satisfait. Ainsi pourvu de ce noble ensemble de vertus,  pourvu de cette noble maîtrise des facultés sensorielles, pourvu de cette noble conscience et compréhension, pourvu enfin de cette noble satisfaction absolue, le disciple ascète cherche et choisit une résidence à l’écart, dans un bois, au pied d’un arbre, dans une montagne, une grotte, une caverne, un cimetière, un plateau boisé, un endroit découvert, une meule de paille. Etant revenu de sa tournée d’aumône, après son repas, il s’assied en repliant et croisant ses jambes, posant son corps bien droit, fixant son attention.

Ayant abandonné la convoitise dans ce monde, il demeure avec la pensée débarrassée de convoitise ; il purifie sa pensée de la convoitise. Ayant abandonné la haine et la méchanceté, il demeure avec la pensée débarrassée de méchanceté ; il purifie sa pensée de la haine et de la méchanceté. Ayant abandonné la paresse et la torpeur, il demeure avec la pensée débarrassée de la paresse et de la torpeur ; attentif, pleinement conscient de ce qu’il voit, il purifie sa pensée de la paresse et de la torpeur. Ayant abandonné l’agitation et le regret, il demeure avec la pensée débarrassée d’agitation et de regret ; la pensée apaisée intérieurement, il purifie sa pensée de l’agitation et du regret.

Ayant abandonné le doute, il demeure avec la pensée débarrassée du doute ; il est sans perplexité touchant les choses bonnes, il purifie sa pensée du doute. Tant que, ô Vasettha, ces cinq entraves n’ont pas disparu, le disciple ascète se considère lui-même comme quelqu’un qui est endetté, comme quelqu’un qui est malade, comme quelqu’un qui est en prison, comme quelqu’un qui est vendu comme esclave, comme quelqu’un qui a perdu sa voie dans le désert. Cependant, ô Vasettha, lorsque le disciple ascète s’est débarrassé de ces cinq entraves, il se considère lui-même comme quelqu’un qui est libéré de ses dettes, comme quelqu’un qui s’est guéri de sa maladie, comme quelqu’un qui est libéré de sa prison, comme quelqu’un qui est libre et assuré.

Lorsque le disciple ascète considère ces cinq entraves dont il s’est libéré en lui-même, la joie naît en lui ; de la joie naît l’allégresse ; lorsque sa pensée est allègre, son corps se calme ; lorsque son corps est calmé, il ressent le bonheur ; lorsqu’il est heureux, sa pensée se concentre bien. Ensuite il demeure en faisant rayonner la pensée de bienveillance dans une direction (de l’espace), et de même dans une deuxième, dans une troisième, dans une quatrième, au-dessus, au-dessous, au travers, partout dans sa totalité, en tout lieu de l’univers, il demeure en faisant rayonner la pensée de bienveillance, large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d’inimitié.

Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait entendre sans difficulté dans quatre directions le son de son instrument, de même est la libération de la pensée atteinte par la bienveillance, et ici il n’y aura plus aucun kamma restreint, il n’y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c’est un chemin de l’union avec Brahma.

Ensuite, ô Vasettha, le disciple ascète demeure en faisant rayonner la pensée de compassion dans une direction (de l’espace), et de même dans une deuxième, dans une troisième, dans une quatrième, au-dessus, au-dessous, au travers, partout dans sa totalité, en tout lieu de l’univers, il demeure faisant rayonner la pensée de compassion, large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d’inimitié. Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait entendre sans difficulté dans quatre directions le son de son instrument, de même est la libération de la pensée atteinte par la compassion, et ici il n’y aura

plus aucun kamma restreint, il n y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c’est aussi un chemin de l’union avec Brahma. Ensuite, ô Vasettha, le disciple ascète demeure en faisant rayonner la pensée de joie sympathique dans une direction (de l’espace), et de même dans une deuxième, dans une troisième, dans une quatrième, au-dessus, au- dessous, au travers, partout dans sa totalité, en tout lieu de l’univers, il demeure en faisant rayonner la pensée de joie sympathique, large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d’inimitié. Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait entendre sans difficulté dans quatre directions le son de son instrument, de même est la libération de la pensée atteinte par la joie sympathique, et ici il n’y aura plus aucun kamma restreint, il n’y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c’est aussi un chemin de l’union avec Brahma.

Ensuite, ô Vasettha, le disciple ascète demeure en faisant rayonner la pensée d’indifférence mondaine dans une direction (de l’espace), et de même dans une deuxième, dans une troisième, dans une quatrième, au-dessus, au- dessous, au travers, partout dans sa totalité, en tout lieu de l’univers, il demeure en faisant rayonner la pensée d’indifférence mondaine, large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d’inimitié. Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait entendre sans difficulté dans quatre directions le son de son instrument, de même est la libération de la pensée atteinte par l’indifférence mondaine, et ici il n’y aura plus aucun kamma restreint, il n’y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c’est aussi un chemin de l’union avec Brahma.

Maintenant, qu’en pensez-vous, ô Vasettha ?
Le disciple ascète qui mène sa vie ainsi, possède-t-il les femmes et la richesse ?

– Il ne les possède pas, ô vénérable Gotama.

– La pensée du disciple ascète est-elle haineuse ou est-elle

libérée de la haine ?

– Sa pensée est libérée de la haine, ô vénérable Gotama.

– La pensée du disciple ascète est-elle malveillante ou est-elle libérée de la malveillance ?

– Sa pensée est libérée de la malveillance, ô vénérable Gotama.

– La pensée du disciple ascète est-elle impure ou est-elle libérée de l’impureté ?

– Sa pensée est libérée de l’impureté, ô vénérable Gotama.

– Est-ce que le disciple ascète a la maîtrise de soi, ou n’a-t-il pas la maîtrise de soi ?

– Il a la maîtrise de soi, ô vénérable Gotama.

– Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple ascète ne possède pas les femmes et la richesse et que Brahma ne les possède pas non plus. N’ya-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple ascète qui ne possède pas les femmes et la richesse et Brahma qui ne possède pas les femmes et la richesse ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama. Il y a une similitude.

– Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple ascète qui ne possède pas les femmes et la richesse, après la dissolution de son corps, après sa mort, se réunisse à Brahma qui ne possède pas les femmes et la richesse !

Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple ascète est libéré de la haine et que Brahma est aussi libéré de la haine. N’y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple ascète qui est libéré de la haine et le Brahma qui est libéré de la haine ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama, il y a une similitude.

– Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple ascète qui est libéré de la haine, après la dissolution de son corps, après sa mort, s’unisse avec Brahma qui est libéré de la haine !

Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple ascète est libéré de la malveillance et que Brahma est aussi libéré de la malveillance. N’y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple ascète qui est libéré de la malveillance et le Brahma qui est libéré de la malveillance ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama, il y a une similitude.

– Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple ascète qui est libéré de la malveillance, après la dissolution de son corps, après sa mort, s’unisse avec le Brahma qui est libéré de la malveillance !

Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple ascète est libéré de l’impureté et que Brahma est aussi libéré de l’impureté. N’y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple ascète qui est libéré de l’impureté et Brahma qui est libéré de l’impureté ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama, il y a une similitude.

– Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple ascète qui est libéré de l’impureté, après la dissolution de son corps, après sa mort, s’unisse avec Brahma qui est libéré de l’impureté. Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple ascète a la maîtrise de soi et que Brahma a aussi la maîtrise de soi. N’y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple ascète qui a la maîtrise de soi et Brahma qui a la maîtrise de soi ?

– Certainement oui, ô vénérable Gotama, il y a une similitude.

– Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple ascète qui a la maîtrise de soi, après la dissolution de son corps, après sa mort, s’unisse avec Brahma qui a la maîtrise de soi !

Cela dit, le jeune brahmane Vasettha et le jeune brahmane Bharadvaja dirent au Bhâgavat :

Merveilleux, ô vénérable Gotama. Merveilleux, ô vénérable Gotama. C’est, ô vénérable Gotama, comme si l’on redressait ce qui a été renversé, découvrait ce qui a été caché, montrait le chemin à l’égaré ou apportait une lampe dans l’obscurité en pensant : « Que ceux qui ont des yeux voient les formes » ; de même le vénérable Gotama a rendu claire la doctrine de nombreuses façons.

Aussi, nous prenons refuge dans le vénérable Gotama, dans le dhamma et dans le sangha. Que le vénérable Gotama veuille bien nous accepter comme disciples laïcs, de ce jour jusqu’à la fin de nos vies.

Sources: Compilation proposée par Gilles PRIN
Ce travail qui nous permet d’accéder aux textes en français est un ensemble de sutras parmi les plus importants afin de pouvoir les étudier sans recourir à plusieurs livres. Merci Gilles pour ce partage.

 

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Le Wésak est le moment où l'union des énergies Bouddhique et Christique viennent ensemble pour bénir la Terre et toute l'Humanité à la Pleine Lune en Taureau de chaque année. Ne pas confondre avec l'anniversaire de Bouddha qui serait au mois de mai.

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